9.
Que dire à votre enfant ?
Pourquoi
Ie dire ?.. Faut-il le lui dire ?.. Telles sont les questions que
peuvent se poser les futurs parents I.A.D.
II
semble qu'un nombre important de parents I.A.D. préferent
laisser croire à leur entourage à une grossesse "normale" en
termes de parenté biologique entre eux et l'enfant à naitre.
Les conjoints eux-mêmes désirent parfois oublier.
Le
choix éventuel de garder Ie secret est motivé par
:
Les
parents pensent ainsi préserver l'enfant; ils préservent
de ce fait aussi Ie conjoint souffrant de stérilité.
Cette attitude montre l'adhésion à la pression sociale
en faveur d'une reproduction basée sur Ie "biologique".
Cela peut être une attitude inconsciente; elle implique la
nécessité de s'interroger sur les "risques du
secret".
La
psychologue C. Manuel (3) releve 2 risques liés au secret
:
Cependant,
ce sont des risques qui peuvent être atténués
si les conjoints s'impliquent dans une réflexion sur Ie
sens et la finalité de ce secret, celui-ci apparaissant
comme motivé dans leur cas personnel.
La
révélation de l'I.A.D. faite à I'entourage
mais non à I'enfant, semble être une attitude inadéquate.
En effet, elle augmente Ie risque de révélation à I'enfant
par d'autres personnes que ses parents à un moment inopportun
dans des conditions défavorables.
D'autre
part, les motivations des parents à révéler
leur recours à I'I.A.D sont :
La
question qui se pose alors est :
Comment Ie dire sans traumatiser I'enfant ?
C.
Manuel dit à propos du désir d'établir une
relation de vérité avec I'enfant : "Ceci suppose
qu'ils (les parents) puissent intégrer leur décision
comme la preuve de leur aptitude à assumer les responsabilités
parentales de protection, mais aussi transmettre à leur
enfant des valeurs tirées de leur expérience de stérilité"..., "afin
de partager de maniere positive avec lui I'histoire qui a permis
sa venue au monde".
Pratiquement,
Ie processus de révélation doit être achevé bien
avant I'adolescence. II doit être répété plusieurs
fois, parce que I'enfant "oublie" facilement.
On
ne peut trancher radicalement cette question. II s'agit avant tout
de sensibilité et du choix réfléchi du couple
concerné. Toute décision comporte des risques et
des difficultés que les parents I.A.D. doivent examiner
en conscience.
Pour
mieux les résoudre, ils peuvent demander aide et/ou conseil à la
psychiatre.
L'I.A.D. ne crée pas de "nouveaux pères",
elle met la lumiere sur la force des liens autres que biologiques.
On
peut espérer une évolution des mentalités,
reconnaissant enfin la souffrance qui peut être liée
a la stérilité.
Nous
vous souhaitons bon moral et bonne chance.
(1)
Les centres d'insémination en France, les CECOS, sont organisés
dans une structure officielle. La Sécurité Sociale
prend tout en charge.
(2)
Aux Etats-Unis, certains spécialistes estiment que 250.000
enfants I.A.D. sont nés (chiffre établi en 1980).
Entre 6.000 et 10.000 bébés I.A.D. y viennent au
monde chaque année.
(3)
Psychologue clinicienne consultante au CECOS (centre d'insémination)
de Lyon. Co-auteur du livre "Les aspects psychologique de
I'insémination artificielIe". Ed. SIMEP. coll. Biologie
et Psychologie, 1983.
(4) "Enfant
de personne". Genevieve DELAISY de PERCEVAL. Ed.Odile Jacob.